LIVRES

image.html

éditions Lanskine

27973185_1888237691488336_3316371174382312805_n

éditions Lanskine

https://www.humanite.fr/poesie-nicolas-vargas-la-parole-davant-la-parole-658235

https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits2/home/pe29-sv-sur-vargas

https://www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr/mode-lecture/reparer-la-parole-1212

Dans le N°1194 de La Nouvelle Quinzaine Littéraire (16 mai 2018),

« La collection Poéfilm rassemble des textes qui « s’accompagnent d’une création filmée ». Nous n’avons pu voir celle d’ « Au départ tout va « , mais le coin inférieur droit du livre forme un flip-book (ou folioscope) qui en est peut-être une préfiguration : un œil puis deux s’y déplacent dont l’un finira par dire la lettre A. Le texte doit pouvoir également se prêter à une mise en voix théâtrale, même si l’utilisation de l’espace de la page n’est pas anodine.

Les mots qui se dispersent semblent ne dépendre d’aucune instance énonciative, on dirait qu’ils sont des vecteurs de courants traversant l’espace dans lequel un œil cherche son « alter ego ».

Dans cet univers en pleine création, lorsque le « je » apparaît, il est nuancé, rabaissé – nié.

« Il ne fait pas froid. Je n’ai pas froid. Que connais-je du froid. »

Segments répétés-modifiés, syntagmes juxtaposés, la logique se cherche dans l’errance spectaculaire. À partir de l’œil, comment bâtir le reste du corps ? À coups de marteau ? La fable est portée par des phrases inachevées, des compléments qui errent sans doute dans l’univers, comme l’œil manquant. Tout explose toujours et la vie jaillit du chaos.

C’est ainsi que Polyphème, dont le nom signifie « bavard », fils d’un dieu, apparaît dans une danse cosmique et mythique pour y perdre son œil unique.

Dans cette fable burlesque, tout est lignes de fuite :

« Le Cosmos tout entier à sa fenêtre attend que ça défile.

Il s’installe.

Il a décapoté sa voix lactée

pris une chaise

un coussin pour les coudes »

Pour que la parole naisse, il faut une bouche et une langue, un corps complet et conscient de lui-même également. »

I.L.

 

EMOVERE SGDL 2017

édition la Boucherie littéraire

https://www.recoursaupoeme.fr/nicolas-vargas-emovere/

 

VHS

édition Lanskine  bon-de-commande-V.H.S. ok

https://bibliotheques-nimes.blogspot.com/2018/03/de-lemotion-aux-mots-et-retour-vhs-very.html

http://poesiechroniquetamalle.blogspot.fr/2017/09/vhs-very-human-simplement-de-nicolas.html

 

A-Vanzar

avanzar

 

édition Plaine Page

http://www.plainepage.com/editions/connexions.htm

extrait Diacritik juillet 2017

(… ) il y a bien, sous cette poésie sonore et non-narrative au sens habituel du terme, deux récits qui nous vont droit au cœur : celui du chemin de l’exil d’Espagnols, ancêtres de l’auteur peut-être, fuyant à pied, par les sentiers planqués, la guerre civile et le franquisme chez Vargas ; celui de tous les migrants fuyant famines et totalitarismes sur des canots de (mauvaise) fortune chez Lespinasse. Sombrant, se noyant.

Avec cette même impression, chez les deux auteurs, que le poète sonore est avant tout un poète muet qui parle par gestes pour arracher les événements à l’oubli ; le son, brut ou articulé, venant après, comme subordonné au corps souffrant qui tente la parole au nom de tous, de soi comme du collectif.

La provenance du silence, langue coupée dans tous les cas humains recensés, se traduit avant tout dans une forte physicalité des deux performeurs. Appuis du corps d’un pied à l’autre, dandinement et déhanché figurant marche et pénible avancée, corps qui se tord, monte sur la pointe des pieds et part en vrille chez Vargas, dont le langage s’élabore et se disloque entre chuchotement et cri, « à l’urée du mot » et de « la langue qui taille ». Une gestuelle qui ne semble pas préméditée, qui suit les mots ou leur absence, et qui épouse instinctivement toutes les fissures de la langue. Chez Lespinasse au contraire, un corps massif et planté, une présence de monolithe musical, une gestuelle très codifiée et maîtrisée, pour ainsi dire virtuose et sémantique mais jamais illustrative, plus à distance de l’émotion – du moins en apparence. « Un silence : hurle crie sa gueule grogne / un silence : arrache les oreilles hurle / un silence : cri coincé ».

Dans les deux cas, entre fragilité et force, entre le mot et le non mot, un engagement sans faille.

La faille, elle, gît dans le réel de cette double histoire tue.

Deux chants d’amour

 

Pour retrouver la sienne, Nicolas Vargas ânonne une bi-langue (espagnol et français) qui en créé une troisième, laquelle n’est ni l’une ni l’autre tout en étant les deux à la fois : « …appeler LLAMAR… Y AMAR… et aimer » pourrait résumer le processus si celui-ci était vraiment résumable.

Pour établir la connexion sur le chemin de la perte, de la disparition et de l’effacement de la disparition, l’auteur s’inflige une série d’injonctions dans laquelle il fait feu de tout bois pour faire verbe : « Fais-toi : secrétaire d’une crevasse / témoin du vent / ride / Fais-toi.» « Conjure ta conjugue. » « Que ta bouche s’animale / Organique tes verbes / Remets du muscle sur l’image. » « Imprime-toi / tords-toi de tout ton lexique ». Il s’agit bien, comme il le note lui-même, de « se débattre du langage » pour « qu’il crache sa faute » : silence et mutité dont il faut faire « pâte-mot », selon l’expression désormais consacrée de Christophe Tarkos. Ainsi, petit à petit et non sans heurts, le poète peut avancer vers le vide historique ; ainsi « un village se convoque autour de ta gorge elle se gouttière », et lentement « la vérité s’au tableau » alors que « tu t’à l’envers / immigré de l’immigré ».

Mais ce n’est jamais gagné, jamais saisi pour de bon, d’où l’injonction qui se future : « Tu essaieras d’avancer / pour cela : revenir / même pas : venir / avancer. Avancer décidément. / Va voir. / Va. / Voir. / l’avant que ça bouge / quand tout était là-bas »…