OUI MAIS VITE

 

critique par Didier Bourda ( directeur artistique du festival Poésie dans les Chais )

 » La poésie, oui mais vite! Vargas a tout compris. Il écrit, en
quantité, mais sait bien que l’époque est un peu pressée, alors les
vieilles piles de vieux textes, il les jette. Tout son art est dans la
façon d’énumérer les mille façons de lancer l’écrit à la face de
l’époque. Il s’essaie au jet de texte: fronde, élastique, canne à pêche,
catapulte. Vargas a l’exagération douce, le burlesque léger. Il
pratique la poesie-confetti, ne dit pas un texte comme l’acteur qu’il
pourrait être, ne lit pas des poemes comme le poète qu’il est pourtant,
mais distribue les instants déchirés de sa vie ( sa communion
solennelle, son institutrice) comme autant d’images pieuses, ou bonbons,
à l’enfant que chacun dans le public n’a jamais cessé d’être. En cela
NV est un acteur. Un funambule. Et quand il dit qu’il ne « va pas se
laisser abattre » c’est même le tragique qu’il arrive à transfigurer au
détour d’un sourire. Sa légèreté, aujourd’hui, n’a pas de prix.  »

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